CRANE SONGYE

                  ​                                                                  OBJET BENEFIQUE

Ce masque est en liaison étroite avec une entité bénéfique; il est chargé. Il était utilisé pour chasser les mauvais esprits. Il était efficace dans le cas de dissenssions, de désaccords au sein de la communauté (village). On partait l'accrocher à un baobab, choisi par un homme sage, pour rétablir l'entente. Les deux grands trous, situés sur les côtés, à l'endroit où devraient se trouver les oreilles, permettaient au baobab de prendre connaisance des messages venus de l'extérieur et à ceux de l'extérieur (les gens, les esprits) de saisir les messages du baobab. La bouche ouverte permettait d'envoyer des messages de paix. ce masque est une figuration de tête de mort, elle représente la proximité des ancêtres et permet de solliciter leurs concours. La corne sert à capturer la personne qui sème le désordre dans le village. La petite protubérance, au-dessus du nez, sert à veiller sur le peuple. La transparence des yeux favorise la communication avec le baobab. Les libations (Mboura) étaient posées sur le masque par le grand notable une fois les messages de paix délivrés, pour calmer l'esprit qu'il représente. La tête est recouverte d'une peau très puissante; l'animal sélectionné pour sa force, un porc-épic (les pointes ont leur importance), le fut par un savant de la chasse "qui posait ses pieds". Les petits trous, situés sur les arcades sourcillières, servaient de réserve de kaolin pour le tour des yeux (la couleur blanche est du domaine des ancêtres afin d'obtenir leur concours). La seule personne qui pouvait porter le masque était un pygmée qui avait la capacité "des longs yeux" (voir au-delà des apparences, voir ce qui est caché). Le masque était gardé dans la grande cuisine (l'endroit où l'on fait la nourriture de la population).



Cette oeuvre provient de la province de Matoufa, située dans une région voisine du pays Songye. C'est un masque Matou (se prononce mantou) qui signifie grand savant. Ce masque fit l'objet d'un troc entre la chefferie de Matoufa au Congo et celle de Nbitam du Gabon (située à la frontière avec le Cameroun)