LE BOUITI, LE RITUEL DE L'HUILE SACREE ET LE BYERI

                                         LE RITUEL DE L'HUILE SACREE ET LE BYERI

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Le Bouiti ou Bwiti est l'ancêtre du Byéri. Les Fangs ne connaissaient pas le Byéri, ils ont emprunté ce rituel aux populations (Punu, Tsogho, Kele, Kota) de la Ngoumie (région située au centre du Gabon); il n'existait pas de statuette du Byéri chez les Fangs. Le bois est celui du Newbouldia laevis (petit arbre tendre) ou aussi celui du Xylopia aethiopica (arbre de taille moyenne, blanchâtre, léger et bien maillé). Le Bouiti est laqué noir avec des yeux de cuivre, figurant le regard perçant auquel rien n'échappe, même pas ce qui est caché, ni même le futur. Dans la même optique, pour figurer cette faculté de confondre les malfaiteurs, ils collaient un petit miroir sur le nombril ou la poitrine. (Les plantes utiles du Gabon- André Raponda-Walker et Roger Sillans). Le verni était composé de copal (pour l'élasticité), d'huile de palme (pour la brillance) et de poudre de charbon de bois ou de poudre de padouk (bois rouge) pour la couleur. Lorsque la statue était faite en ébène ou en padouk, le vernis n'était pas coloré.

Bien que la tête de la statue présentée ici soit démontable; elle ne doit pas être confondue avec une tête gardienne de panier de reliques, elle forme un tout avec le corps. La statue entière ruisselle de libations; les yeux et de nombreux emplacements de la tête sont marbrés de coulures argentées; la niche dans le cou ainsi que la corde qui l'entoure sont empreintes de libations. Le fait que cette corde (gorgée de libations) descende le long du torse pour s'introduire dans le trou creusé dans l'abdomen est certainement significatif. Les épaules, le torse, le ventre, la ceinture du pagne, les cuisses ainsi que les poignets comportent de nombreuses traces de libation. Ces libations sont de couleur argentée. La coiffe, un assemblage de fibres et de plumes, comporte , elle aussi, des libations.

Cette statue est l'un des éléments indispensables du rituel du Byeri. L'huile sacrée, conservée dans le pot gardé par la statue et le crâne, doit être distribuée aux familles afin de nourrir les crânes de leurs ancêtres, pour leur permettrent de communiquer dans les meilleures conditions possible avec les esprits; ceci une fois par année. Ce jour, très important, est déterminé par le premier notable de la chefferie avec l'aide de la statue et du crâne situés sur le pot de l'huile sacrée.

Pour confier l'huile aux familles, celle-ci doit passer par un stade intermédiaire qui permettra d'augmenter ses performances; l'huile, telle un flux, doit passer par l'intérieur d'une statue sculptée dans cette optique; à la fin de son trajet à travers la partie supérieure du torse, elle aura acquis toute son efficience.

Les orifices d'entrée de cette statue sont situés à l'intérieur du cou, au niveau de l'oesophage, les canaux cheminent dans le torse pour déboucher sous le sternum par des trous situés à l'intérieur de la cavité. Le sorcier versait l'huile, une fois la tête déboitée, dans le cou pour la receuillir à sa sortie au niveau du sternum.

Atteindre:     FANG